C’est devant une cinquantaine de professionnels de l’aéronautique (ateliers de maintenance et fournisseurs) réunie à Darois, le 16 janvier 2009, que Pierre Labrosse (à droite sur la photo) et Christophe Robin (à gauche) ont dévoilé la société Aerodif dont la vocation est la distribution de pièces de rechange pour avions légers. Leur objectif est d’atteindre rapidement un millier de références en ce qui concerne les avions Robin. « Nous travaillons en priorité sur les pièces qui sont bloquantes pour les utilisateurs, c’est-à-dire la visserie, les câbles, les raccords, etc », précise Pierre Labrosse.
« Il est évident que pour commencer nous allons plutôt travailler sur les filtres à air que sur un train d’atterrissage ou une aile, mais notre objectif est de proposer une solution globale. Pour y parvenir, nous fournirons des pièces d’occasion que nous aurons démontées sur des avions », explique Christophe Robin qui envisage, en particulier, de cannibaliser une partie des Ecoflyer bloqués au sol à la suite de la faillite du motoriste allemand Thielert et de la liquidation d’Apex.
Si le problème des pièces de rechange Apex est devenu aussi aigu aujourd’hui, c’est parce qu’il existe une seule source d’approvisionnement. Pierre Robin puis Guy Pellissier ont défendu un monopole unique en son genre et que l’on ne retrouve pas chez Cessna, Piper et les autres constructeurs étrangers. Il est bien évident que le nouveau propriétaire de CEAPR, détenteur des droits sur les avions Robin, n’a pas l’intention d’y renoncer et qu’il fera tout pour défendre cette rente de situation.
Afin d’éviter d’être attaqués pour contrefaçon, Pierre Labrosse et Christophe Robin ont décidé d’obtenir une extension de certification (STC) pour chacune des pièces qu’ils vont mettre à leur catalogue. C’est évidemment un coût supplémentaire qu’ils vont devoir intégrer et c’est à ce niveau que l’aide financière promise par la Fédération française aéronautique pourrait intervenir. Christophe Robin qui a travers Dyn’Aviation devrait prochainement réunir les agréments de conception (DOA) et de production (POA) nécessaires, affirme être en négociation avec la FFA.
Aerodif qui prend en charge le négoce et la logistique (la partie technique et réglementaire incombant à Dyn’Aviation) mettra à la disposition des ateliers de maintenance dès le 21 ou le 22 janvier 2009 un programme informatique de saisie sur internet. Ce nouvel outil doit permettre d’optimiser les coûts de gestion des commandes et des stocks, de réduire les délais de traitement. Même si cette nouvelle façon de procéder imposée par Aerodif bouscule leurs habitudes, les professionnels de la maintenance n’auront pas le choix. Ils devront se résigner à utiliser cet outil qui devrait leur faire gagner du temps et surtout leur offrir la seule solution à ce jour.
Malgré la mobilisation des équipes d’Aerodif et de Dyn’Aviation (une dizaine de salariés, anciens d’Apex), le catalogue de pièces de rechange va se constituer au rythme de l’obtention des STC. Et pendant ce temps, la pénurie de pièces commence à se faire ressentir de plus en plus.
Gil Roy