Les prévisions de trafic aérien de IATA [1] pour 2009 font état d’un repli du nombre de passagers de l’ordre de -3%. Il faut remonter à 1991 (-2,6%) pour retrouver une situation comparable. L’activité ne devrait pas renouer avec la croissance avant 2011 (+4%). Les trois années de récession à venir auront des répercutions sur les prévisions d’évolution à moyen terme. IATA estime, en effet, que le trafic 2016 devrait être inférieur de -9% par rapport à ses scénarios d’avant crise. En revanche, les compagnies aériennes ayant fortement réduit leurs coûts au cours de ces dernières années, ainsi que leurs capacités, malgré le repli attendu de l’activité, elles devraient néanmoins limiter, en 2009, l’ampleur de la crise sur leurs résultats.
Les points saillants des prévisions d’IATA sont les suivants :
"Les perspectives d’avenir sont mornes et la crise chronique qui affecte l’industrie va perdurer en 2009 avec des pertes de 2,5 milliards $US. C’est la pire situation en 50 ans au niveau des revenus de l’industrie », selon Giovanni Bisignani, directeur général et chef de la direction de l’IATA.
L’IATA a aussi mis à jour ses prévision pour 2008 et prévoit des pertes de 5,0 milliards $US. Il s’agit d’une légère amélioration puisque les prévisions publiées par l’Association en septembre laissaient entrevoir des pertes de 5,2 milliards $US. La chute rapide du prix du pétrole explique ce changement.
La réduction des pertes de l’industrie de 2008 à 2009 est attribuable principalement à un changement dans les résultats des transporteurs d’Amérique du Nord. Les transporteurs de cette région ont été les plus durement touchés par le prix élevé du pétrole alors qu’ils n’avaient que peu de couverture et ils devraient enregistrer les plus importantes pertes de l’industrie pour 2008, soit 3,9 milliards $US. En réponse à cette crise du pétrole, les transporteurs de la région ont procédé tôt à une réduction de 10 % de leur capacité sur le marché intérieur, ce qui leur a donné une longueur d’avance pour combattre les effets de la baisse de la demande causée par la récession. L’absence de contrats de couverture leur permet maintenant de tirer profit de la baisse rapide des prix du pétrole. En conséquence, les transporteurs d’Amérique du Nord devraient enregistrer en 2009 un modeste profit de 300 millions $US.
« L’Amérique du Nord sera la seule région qui échappera au déficit, mais les profits prévus de 300 millions $US représentent moins de 1 % des revenus. 2009 sera une autre année difficile pour tous », a ajouté M. Bisignani.
Toutes les autres régions subiront des pertes :
M. Bisignani a souligné que le ralentissement du trafic de fret amorcé en juin perdure. « Le fret aérien représente 35 % de la valeur des marchandises échangées dans le monde. Le déclin de 7,9 % observé en octobre indique clairement que le pire est à venir, tant pour les compagnies aériennes que pour l’économie mondiale ».
« Les compagnies aériennes ont accompli depuis 2001 un remarquable travail de restructuration. Les coûts unitaires non liés au carburant ont diminué de 13 %. L’efficacité énergétique a augmenté de 19 %. Et les coûts liés aux ventes et au marketing ont fléchi de 13 %. L’IATA a contribué de façon importante à cette restructuration. En 2008, notre campagne sur les économies de carburant a aidé les transporteurs à économiser 5 milliards $US, équivalent à 14,8 millions de tonnes d’émissions de CO2. Et nos efforts auprès des fournisseurs monopolistiques ont permis des économies de 2,8 milliards $US. Mais la férocité de la crise économique a éclipsé ces gains et les compagnies aériennes doivent lutter pour ajuster leur capacité en fonction de la baisse de 3 % du nombre de passagers prévue en 2009. L’industrie est mal en point. Et pour retrouver le chemin de la rentabilité, il faudra des changements qui sont au- delà du contrôle de l’industrie » selon M. Bisignani.
M. Bisignani a exposé un plan d’action de l’industrie pour 2009 qui reflète la Déclaration d’Istanbul émise par l’Association en juin dernier. « Les associations syndicales doivent comprendre que les emplois vont disparaître si les coûts ne diminuent pas. Les partenaires de l’industrie doivent contribuer à des gains d’efficacité. Et les gouvernements doivent mettre un terme aux taxes absurdes, réparer les infrastructures, donner aux compagnies aériennes une liberté commerciale normale et contrôler efficacement les fournisseurs monopolistiques » a conclu M. Bisignani.
[1] L’IATA (Association du transport aérien international) représente quelque 230 compagnies aériennes qui assurent 93 % du trafic aérien international régulier.