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Apex : retour à la case départ

dimanche 28 décembre 2008, par Gil Roy

En annonçant qu’il venait de vendre CEAPR, la société détentrice des droits de propriété industrielle des avions Robin, Guy Pellissier, l’ex-PDG des ex-sociétés Apex, a pris tous les acteurs du dossier à contre-pied. Cette vente entraîne une redistribution complète des cartes. Une autre partie commence.

Guy Pellissier a créé la surprise, le 23 décembre dernier au Tribunal de commerce de Dijon, en annonçant qu’il venait de vendre CEAPR et que de ce fait, il n’avait plus rien à voir dans l’affaire. Les représentants de la Fédération française aéronautique (à commencer par son président), les repreneurs potentiels d’Apex Aircraft, les représentants des salariés des sociétés Apex, les membres des aéro-clubs de Colmar et de Bourgogne et tous les avocats, juge-commissaire et autre mandataire judiciaire qui s’étaient déplacés n’en sont pas encore revenus. L’ex-PDG d’Apex a réussi sa sortie de scène en créant le plus inattendus des coups de théâtre.

Il n’avait pourtant jamais caché qu’il était en négociation avec des acheteurs potentiels autres que Philippe Moniot (Issoire Aviation) et Christophe Robin (Dyn’Aéro).

Guy Pellissier a refusé de dévoiler l’identité de l’acquéreur de CEAPR, comme il en a parfaitement le droit et même le devoir. Il laisse ainsi planer le mystère. Il faudra attendre le bon vouloir du nouveau propriétaire pour découvrir qui il est et surtout qu’elles sont ses intentions. C’est désormais entre ses mains que se trouve l’avenir de la flotte des avions Robin.

Cette vente est d’autant plus étonnante qu’il pèse sur CEAPR un certain nombre de menaces lourdes de conséquences. Le 18 décembre dernier, le Tribunal de Commerce de Dijon a notamment condamné cette société à prendre en charge les indemnités de licenciements des salariés d’Apex. La somme en jeu, rappelons-le, s’élève à 1,6 million d’euros. Guy Pellissier a fait appel de cette décision. Par ailleurs, il n’est pas exclu non plus que les salariés introduisent une action contre CEAPR auprès des Prud’hommes visant à contester leur licenciement. Face à de telles échéances, il serait étonnant que des clauses suspensives n’aient pas été prévues par l’acheteur pour se protéger.

Quoi qu’il en soit, cette vente ne dénoue pas le problème. L’approvisionnement en pièces de rechange demeure suspendu et le suivi de navigabilité des avions Robin n’est plus assuré (pas plus que celui des Cap). CEAPR n’ayant plus d’agréments, ni de structures opérationnelles, il faudra du temps pour remettre en ordre de marche le système. Et rien ne permet d’affirmer que le nouveau propriétaire le souhaite ou pas.

Concernant les avions de voltige dont les certificats de type n’appartiennent pas à CEAPR, mais à Apex, le mandataire judiciaire a donné aux repreneurs potentiels jusqu’au 30 décembre 2008 pour faire parvenir leurs offres. Christophe Robin est sur les rangs depuis le début. Philippe Moniot a annoncé qu’il allait également faire une offre. Le repreneur sera désigné le 20 janvier 2009. Si les offres ne sont pas jugées acceptables, les actifs d’Apex peuvent aussi être vendus séparément aux enchères.

De toute évidence, la vente de CEAPR ne permet pas de clarifier la situation et d’y voir plus clair quant à l’avenir. Au contraire…

En toute logique, le prochain épisode du feuilleton de la liquidation d’Apex devrait être l’entrée en scène du nouveau propriétaire de CEAPR et dans la foulée, l’annonce de ses intentions.

Gil Roy


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